Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 16:41

   

 

                                        3 A, vous avez dit 3 A ?

 

Nos compatriotes ont été intrigués par ce très récent leitmotiv auquel les médias font référence et ils ont appris que les Etats sont notés par des agences très spécialisées dont les appréciations sont lourdes de conséquences en ce qui concerne l'accès aux emprunts et la fixation des taux d'intérêt.

Il faut savoir que les grandes collectivités territoriales sont elles aussi notées. Le Conseil général (et le département des Hauts-de-Seine), depuis plusieurs années déjà, est gratifié de la meilleure des notes, la fameuse 3 A.

Cela tient à une gestion financière très maîtrisée, à un endettement plus que réduit (le capital restant à rembourser est égal à l'équivalent d'environ un mois de nos dépenses) et à des taux d'imposition très inférieurs à ceux des moyennes « régionale » et « nationale ».

J'ai, en tant que vice-président chargé des finances et de rapporteur général du budget départemental de 1992 à 2010, participé à la politique que nous avons menée pour parvenir à ce résultat très appréciable.

Chaque année cela m'a valu les critiques de la part de l'opposition départementale, notamment du Maire de Nanterre, qui soulignait à l'excès notre souci de modérer le recours à l'emprunt et se moquait de ce qui m'a toujours guidé et qui tient en huit mots : les emprunts d'aujourd'hui sont les impôts de demain.

Je ne me suis jamais éloigné de cette vérité. Notamment lorsque déjà, aux côtés de M. Baumel, j'avais la responsabilité des finances de la ville de Rueil et de son budget.

Je rappelle qu’en 1983/1984 la part des emprunts à rembourser par la ville pesait sur près de 24% des dépenses de fonctionnement. C’était un fardeau et un handicap.

C'était trop et surtout de nature à rendre impossibles les projets que notre ancien Maire voulait mettre en œuvre et qu’il est parvenu à réaliser, à savoir la construction de crèches, celle de la médiathèque et du complexe sportif de Stadium, la modernisation de l'éclairage public, la construction de logements sociaux, l’entretien et l'agrandissement des écoles primaires et maternelles, etc. Sans oublier ce qui a beaucoup contribué à l'équilibre des comptes et à l’essor de notre commune : la réussite de Rueil 2000 qui a été concrètement  « dopée » par un taux de taxe professionnelle inférieur à ceux de nos voisins.

 

Si cela a été rendu possible et si la ville de Rueil a pu faire face à tous ses engagements sans pour autant alourdir la dette rueilloise c’est grâce à ce que nous appelons une « gestion de trésorerie zéro » comme le faisaient déjà à l’époque les entreprises à la pointe de l’optimisation de leur gestion financière.

Durant près de trois ans (33 mois pour être plus précis) aucun emprunt n’a été contracté et les annuités à rembourser ont alors été ramenées à l’équivalent de 13 % seulement du budget de fonctionnement. Cela nous a permis de faire tous les travaux évoqués ci-dessus, de créer de nouveaux équipements, des crèches, etc. tout en maintenant sans augmentation la pression fiscale plusieurs années durant.

La preuve : en 1985 le taux de la taxe d'habitation était à Rueil de 15,24 %. Nous l’avons diminué à partir de l’année suivante et en 2000 il était encore de 14,93 % seulement.

Celui de la taxe foncière sur les propriétés bâties n'a augmenté entre 1985 et 2000 que de quelques dixièmes ; il est passé de 9,85 % à 10,09 %.. Dans le même temps nous avons tenu à alléger la taxe d'habitation sur les familles nombreuses en revalorisant les abattements et en les portant au maximum.

 

Voilà ce qu'il faut faire : peser sur toutes les dépenses, notamment sur celles qui peuvent l'être et qui doivent l'être de manière à accroître les crédits d'équipement et d'investissements pour des travaux nouveaux et pour la réalisation des nouveaux équipements et la création des services nécessaires, et n’accepter d’augmenter la pression fiscale que lorsque la preuve est faite qu'on ne peut pas faire autrement … ce qui nécessite une réelle volonté, de la constance, une pratique partagée.

 

A bien y regarder, on peut toujours faire autrement, rendre un même service mais à un coût moindre, plus économique. Il faut le faire mais il faut surtout vouloir le faire.

À la veille de la prochaine élection présidentielle je forme le vœu que les candidats nous démontrent qu’ils sont capables de parvenir à équilibrer les prochains budgets de notre Pays sans « faire marcher la planche à billets » afin d’éviter la remise en question de la note 3 A actuelle, tout en éloignant la récession et en réussissant à créer de nouveaux emplois.

Vaste programme... comme aurait dit celui qui y est parvenu, le général de Gaulle.

    JC Caron, Président de la commission des finances du  Conseil général des Hauts de Seine 

 

NB. Ce 13 novembre le JDD cite »un miracle au pays des gauchos ».Il salue la réussite de l’Argentine qui, il y a10 ans, connaissait les mêmes difficultés que la Grèce et qui, aujourd’hui, affiche une réussite insolente (sic). Voilà de quoi nous rendre optimistes !

 

Par caron
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