Le projet d’une tour de bureaux, haute de plusde100 mètres, inquiète les habitants de Rueil-sur-Seine. A l’occasion des élections cantonales, qui sont des élections locales, ils m’ont fait part de leurs préoccupations que je ne peux que partager. Si la construction immobilière dans la commune n’est pas de la compétence directe du Conseil général, il doit cependant donner son avis sur toute révision des documents d’urbanisme, d’où l’importance d’un conseiller général dont la principale mission est de défendre son canton.
Né sur des friches industrielles, et par la volonté de Jacques Baumel, le quartier de «Rueil 2000» devenu «Rueil sur Seine» alliait le développement économique, en particulier dans le domaine du tertiaire et la protection de l’environnement. Nos bords de Seine ont été parmi les premiers aménagés en promenade, où chacun peut se promener à pied ou à vélo en toute quiétude.
Ce havre de paix accueille en permanence les habitants de Rueil et notamment ceux du quartier, ainsi que ceux qui y travaillent. Car si cette zone a été urbanisée, cela a été fait en harmonie avec le cadre. A des hauteurs raisonnables, les immeubles de bureaux côtoyaient les résidences d’habitation, créant ainsi un nouveau «village» au sein de notre ville.
Ces bords de Seine, chers aux impressionnistes, doivent-ils perdre leur âme à l’ombre d’une tour de plus de 100 mètres de haut ? Certes le développement de notre tissu économique est une nécessité, mais il peut se faire dans le respect de l’environnement. Ce fut jusqu’alors le cas de Rueil sur Seine dont les entreprises, harmonieusement réparties ont permis de rapporter à la commune de quoi, tel que c’était prévu, cofinancer un parking aux abords de la gare du RER. Ce dernier n’a pas encore été réalisé pourtant les résultats de la ZAC Rueil 2000 devaient le permettre !
J’entends bien en tant que conseiller général relancer ce débat, tout comme j’entends défendre les intérêts des riverains et leur opposition à cette tour de bureaux.
Les limites du double mandat
Si le Conseil général n’a pas directement d’influence sur les réalisations immobilières d’une commune, il intervient à l’égard de la modification des plans locaux d’urbanisme.
A ce titre, on peut se demander si un conseiller général membre de l’exécutif municipal saura, ou pourra, faire prévaloir les aspirations des habitants de son canton au détriment de la volonté du Maire ?
Saura-t-il ou pourra-t-il respecter la volonté de l’Assemblée départementale qui, si elle n’est pas opposée au dynamisme économique du département, impose la construction de logements sociaux en parallèle aux immeubles de bureaux ?
Saura-t-il ou pourra-t-il faire pression sur la RATP pour qu’elle améliore les conditions de transport des passagers qui de fait seraient encore plus nombreux ?
Autant de paramètres que n’ont pas dû prendre en compte ceux, qui pour des motifs parfois mystérieux, ont entériné ce projet de tour.
Elu au Conseil général depuis 1992, en connaissant les arcanes, je sais que nos concitoyens attendent de leur élu départemental qu’il soit leur porte-parole et parfois leur défenseur au sein du département. Ils savent que la fierté d’appartenir à une commune dynamique ne doit pas s’obtenir au détriment de leur qualité de vie. Jusqu’à présent le développement de Rueil s’est toujours fait dans le consensus, il n’y a pas de raison pour que cela change.
En revanche il y a encore beaucoup de choses à améliorer pour le quotidien de tous, qui peuvent et qui doivent être lancées dans les mois qui viennent, avant d’envisager des projets qui pour l’heure ne sont ni indispensables, ni souhaités.
C’est la raison de mon engagement auprès de vous pour «Rueil d’abord»,et de mon projet de créer un «Conseil cantonal 92».
Ensemble, continuons pour Rueil
J.C. CARON
(a.f.e 11, rue des Hauts-Fresnays, Rueil)